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De l’art de Charonniser le 17 ocotobre 1961

lundi 24 octobre 2011, par F.S.Q.P.

1961 a donné lieu à une multitude d’initiatives qu’on avait pas connues jusque là sous l’égide du Collectif 17 octobre (il regroupe la gauche française et les supplétifs immigrés de l’entreprenariat de la mémoire pour le vote utile) dont nous nous proposons d’interroger l’appel qu’il a initié.

Tout d’abord, la mémoire du 17 octobre n’a pas ressurgi dans l’espace public il y a 20 ans, c’est-à-dire au moment où l’enquête de J. L. Eynaudie lui a donné une légitimité « scientifique  » et morale qui ne permettait plus de le nier, mais à la fin des années 70, notamment suite à la publication de l’ouvrage de Hamon et Rotman « Les porteurs de valises » dans lequel ils lui consacrent un chapitre. C’est ainsi que, au moment du départ de la Marche pour l’égalité de 83, le Collectif jeunes de Paris organisait un rassemblement au canal St Martin en mémoire des victimes du 17 octobre en présence de nombreuses familles qui venaient de perdre leurs enfants au cours des «  étés chauds » qui avaient vu plus d’une centaine de jeunes abattus par des tontons flingueurs ou des policiers dans des circonstances plus que douteuses avec le slogan : « La chasse est fermée, rengainez, on arrive ! ».

Deuxièmement, on ne saurait aller contre les revendications du collectif qui se résument ainsi :

Reconnaissance par les plus hautes autorités de l’état du massacre perpétré par la police française, suppression de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, la liberté pour tous d’accéder aux archives et l’encouragement des recherches associant des historiens algériens et français. Malheureusement une dimension importante de ces événements est passée à la trappe concernant l’attitude de la gauche au moment et après les faits.

En effet, comment comprendre une telle démarche dans une commémoration où la gauche oublie le silence dont elle s’était rendue coupable au moment des faits et, ensuite, par le fait que « les martyrs de Charonne du 8 février 1962 scellent la réunion de la gauche », enterrant par la même « l’horrible et culpabilisant souvenir du 17 octobre 1961  » [1]

1. D’ailleurs les rares militants de gauche qui ont eu le courage de ne pas se taire ont fait le constat qui s’imposait : « La France, fut-ce la France de gauche, ne se soucie guère de l’Algérie future. Elle ne se soucie même pas, ou si peu, de l’Algérie présente, de l’Algérie traquée, non de l’autre côté des mers, mais à quelques mètres. Elle ne se soucie pas du couvre feu « conseillé » aux Nord Africains après 20 H, de la « chasse au faciès » où l’on dépiste le type arabe comme jadis le nez juif. Jusqu’au 17 octobre. Le 17 octobre, qui s’en souvient ? Personne. Et Charonne ? Tout le monde. Le dénouement de la guerre est dans cette mémoire et dans cet oubli  » [2]

2. Le collectif jeune de Paris ne s’y était pas trompé quand, un mois après l’arrivée triomphale de la Marche, il fut le seul à soutenir les ouvriers de Talbot en grève qui avaient été agressés par les ouvriers de la maîtrise aux cris de « Les arabes aux fours, à la Seine ! » et qu’on se plaisait à les voir manipulés par quelques intégristes musulmans alors qu’ils tentaient simplement de sauver leur emploi. Le collectif jeunes se retrouvait ainsi dans les propos recueillis par J. Cau auprès d’un syndicaliste algérien dans l’Express du 16/11/1961 : « Nous avons évalué la solidarité des travailleurs et du peuple français. Nous savons qu’elle n’existe pas en dehors des communiqués, des pétitions et des appels. Nous en prenons acte. Aux syndicats, aux partis, à la gauche politique française d’être mis le nez sur leur pourrissement. Voici leurs troupes : ces chauffeurs de bus qui ne descendent pas de leur cabine lorsqu’on transforme leur autobus en car de police ; les mêmes qui signalent aux policiers, à Neuilly, par des appels phare code, la présence d’Algériens dans leur autobus ; et des ouvriers de chez Renault qui voient retirer dans l’île Seguin un cadavre d’Algérien de la Seine, et qui regardent, et qui s’éloignent, indifférents ».

Comment devant la perpétuation de certains oublis ne pas partager le dégoût de F. Maspéro face à cette gauche toujours prompte à s’unifier face à l’extrême droite : « Le fait que le courage, l’héroïsme même des familles algériennes de la région parisienne, aient réussi à faire éclater jusque dans les rues des quartiers bourgeois l’atroce vérité, l’atroce vérité de nos chiens en uniforme, ne doit pas permettre à qui que ce soit de se donner le luxe de ces comédies où l’on répète : nous dénonçons, nous ne sommes pas du même monde. Il est trop tard »

3. Cet été encore, les traminots ont-ils débrayé quand une rame de tramway a servi au transport des familles roms expulsés de leur campement ?

Farid Taalba, FSQP

Notes

[1] Hamon et Rotman Les porteurs de valises, la resistance française et la guerre d’Algérie. Point histoire Albin Michel, 1981. Page 379

[2] Opus cité, page 372

4 Messages de forum

  • De l’art de Charonniser le 17 ocotobre 1961 Le 28 octobre 2011 à 18:14 , par Djohar

    Parfaite réponse, cette mise en scène cette année était révulsante. Dommage que vous citations soient toutes blanches en revanche, vous n’avez besoin ni d’Einaudi, ni de Maspero pour dire.
    Une petite soeur algérienne.

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    • De l’art de Charonniser le 17 ocotobre 1961 Le 29 octobre 2011 à 17:21

      Madame,

      Je ne comprends pas ce que vous voulez dire quand vous dites que les citations sont toutes blanches.
      De plus, sachez que François Maspéro n’a pas attendu pour soutenir le FLN pendant la guerre d’Algérie, je vous renvois aux titres de sa maison d’édition qui dèjà en 1962 a édité de nombreux ouvrages sur cette période.
      Voici une petite liste : Ratonnades à Paris, le peuple algérien et la guerre, les harkis à Paris, la révolution algérienne par les textes...
      Farid Taalba

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  • De l’art de Charonniser le 17 ocotobre 1961 Le 3 février à 08:10 , par romain

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    • de l’art du recyclage Le 28 mai à 17:37

      la sénatrice verte répudiée par les verts a trouvé un nouveau point de chute - le fcp -
      cette dame qui pleurait misère pour son fils afin d’obtenir une place en internat sur paris pour raison sociale
      a quand même bien mangé sa part du gâteau - non seulement, elle a toujours maltraité ses salariés - du temps de l’emaf, les salariées l’ont trainé aux prud’hommes et la justice a finit par s’en mêler - au sénat, elle a été poursuivie par une autre salariée et maintenant elle va venir donner des leçons aux mouvements sociaux et aux syndicats -

      elle parle des quartiers populaires - elle qui n’a jamais mené la moindre lutte et a cherché à tout prix à se faire coopter par les partis pour les législatives - alors pourquoi pas lui confier la presse pour le nouveau parti fcp -
      çà lui donnera le loisir de continuer à toucher sa solde de sénatrice pendant trois ans . et ce sont ces personnes qui vont se battre pour des pauvres bougres au minimaux sociaux dans les quartiers -

      laissons lui le temps de se refaire pour trouver des pigeons à exploiter et négocier quelques chose avec la gauche revenue au pouvoir. Si elle avait été reconduite chez les verts - aurait-elle craché sur un poste d’élu pour défendre les quartiers. c’est pas mieux que ceux qu’elle dénonce sans vergogne.

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